L’art du conteur est un art paradoxal qui s’appuie sur une matière immémoriale que le conteur doit renouveler pour ses contemporains, avec sensibilité et discernement, à l’écoute des changements du monde autant que des invariants de l’humanité.
C’est un art éphémère, qui surgit dans l’espace vide qui sépare et relie le conteur et son public, dans le partage d’un instant présent.
C’est un « art émergent » : le plus vieux de l’humanité ! Mais quand le conte quitte la simple transmission, en effet, il devient un art et a besoin d’être reconnu comme tel, pour dévoiler la profondeur de ses richesses, sa souplesse, son adaptabilité, et sa capacité à nourrir notre présent.
« Conter comme on tresse un panier », c’est :
parler de rythme, à la fois vif et installé, porteur d’improvisation et pourtant stable, qui soutient la présence scénique du conteur et assure la fluidité spécifique de la « parole conteuse ».
Tresser des paroles, c’est parler de lien social, dans la cité, de réseau, d’échanges.
La matière tressée, ce sont nos mémoires renouvelées, libres, nos traditions revisitées, nos paroles contemporaines cherchant la voie des archétypes.